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Le français de la ville Le français de la ville

« Bienvenu au Mali, Bonjour Madame, Bonjour Monsieur » seront sans doute les premières phrases que vous entendrez, une fois arrivé à l’aéroport. Jusqu’ici, c’est simple : comme chez vous, comme dans n’importe quel pays francophone.

Mais les choses se compliqueront quand vous entrerez en contact avec la population. En plus du Bambara (langue la plus universellement parlé dans le pays) et des autres langues locales, vous vous trouverez face à des personnes qui parleront le français avec l’accent africain en utilisant des termes et des expressions typiquement locales. De quoi s’écrier : « Comment ? » « Qu’est ce que vous voulez dire ? » « Pardon, j’ai pas compris ! »

Nous vous épargnerons certaines de ces questions grâce à une sélection d’expressions maliennes qui vous permettront de prendre de l’avance et de mieux communiquer avec la population. Cela dit, rien ne valent quelques mots de Bambara pour briser la glace et pour se faire comprendre au Mali.

Le rituel des salutations :

« C’est comment ? » : Au Mali, c’est généralement la première question qu’une personne vous pose au moment de la rencontre. Cela donne : « eh, salut, c’est comment ? » Une expression pratique qui en remplace d’autres que vous avez l’habitude d’entendre comme : « Comment allez vous ? Alors, quoi de neuf ? »

Il suffit de répondre par : « Ca va » ou encore « On est un peut fatigués à cause du voyage ». Mais après, tout se complique. La tradition Malienne veut que les questions du même genre s’enchaînent. Parmi ces questions il y a :

« Et les bonnes choses ? » : Cette expression se réfère à l’argent, aux loisirs, à la santé, aux repas que vous avez pris durant les dernières heures etc. De manière plus générale, cette question vous rappelle que la vie est courte et qu’il faut en profiter.

Il vous faudra faire preuve d’imagination pour inventer une nouvelle réponse différente de la première. Nous ne vous laisserons pas démunis, voici quelques expressions qui signifient toutes « ça va » : « On est la tché », « Hamdoulelahi », « à la malienne »…

Mais attention, généralement votre interlocuteur enchaine juste après sans vous laisser une marge de réponse :

« Et ta journée ? » Votre interlocuteur cherche à savoir si vous passez un bonne ou une mauvaise journée.

« C’est bien c’est bien ! Dieu merci ! el Hamdoulelahi ! » Lorsque votre interlocuteur prononcera cette phrase, vous comprendrez que le rituel des salutations est terminé et que vous pouvez aborder un autre sujet. Voici une salutation typiquement malienne, mais les variantes sont nombreuses :

“-Eh, salut, c’est comment ? A la malienne ! Et les bonnes choses ? Hamdoulelahi Et la famille ? On est là tché. Et ta journée ? C’est chaud dé ! C’est bien c’est bien, Dieu merci ! el Hamdoulelahi !”

D’autres expressions :

« Ou bien ? » : Au milieu d’une conversation, pour défendre son point de vue ou pour confirmer une idée, le Malien ne peut pas s’empêcher de poser la fameuse question : « ou bien ? ». C’est une sorte de tic de langage que l’on attrape rapidement en vivant au Mali. Personnellement, celle là, je l’aime bien et on se l’approprie rapidement.

« C’est chaud dé ! » ou « ça va chauffer ké ! » : Ces expressions n’ont rien à voir avec la chaleur du climat malien, on les utilise pour décrire une situation difficile, compliquée, ou qui tend à l’être. Par exemple, avant un match de football important, on dit « ca va chauffer ké ! » Le « dé » et le « ké » sont des formules avec lesquelles on finit les phrases mais qui n’ont pas de sens.

« Ca fait longtemps » : Au Mali, si vous n’avez pas vu une personne depuis quelques jours, un mois, un an…, l’expression est toujours la même : « Ca fait longtemps ».

« Un peu » : C’est une unité de distance, de temps, de poids… « C’est loin, un peu » signifie… que c’est loin d’environ 2 ou 3 kms. Il ne sert à rien de demander plus de précision puisqu’on vous à déjà dit que c’était à une distance d’ « un peu ». L’étranger mettra quelques semaines à saisir la nuance entre « c’est loin » et « c’est loin, un peu ».



écrit par Omar CHEBAANE
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